Du coup, notre baromètre mensuel des taux affiche pour ce mois d’avril 2025 des informations quasi-identiques à celles du mois dernier, et des fourchettes très étroites sur toutes les maturités, soit :
- Prêts relais : entre 3,05 et 3,50 % (taux indiqués hors assurance de prêt)
- Prêts sur 15 ans : entre 2,95 % et 3,25 %
- Prêts sur 20 ans : entre 2,99 % et 3,35 %
- Prêts au-delà de 20 ans : entre 2 ,99 % et 3,40 %.
Toutefois, comme prévu, le mois de mars n’aura été que le mois des rendez-vous, pas des dossiers. En cause, beaucoup de motifs d’attente.
Malgré des intentions d’achat réactivées et des banques présentes, des motifs d’attente…
Tout d’abord, le lancement du Prêt à Taux Zéro 2025 (PTZ) ne commence que le 1er avril. Ce qui signifie que les primo-accédants ont différé leur demande, d’autant que le montant du PTZ dans le total du plan de financement peut désormais pour certains représenter jusqu’à 50 % de l’opération.
Ensuite, les tensions sur la dette souveraine française sont reparties de plus belles en mars. On est désormais avec une OAT 10 ans qui oscille entre 3,50 et 3,60 %, sans réussir à casser ce seuil. Cette situation signifie que les banques doivent faire de nouveau des numéros d’équilibristes pour sécuriser leur risque de taux, sans contrarier la conquête commerciale de leurs réseaux.
Je ne m’appesantirais pas trop sur le contexte anxiogène international, avec des soubresauts au gré des humeurs de quelques dirigeants étrangers, qui semblent confondre le planisphère de l’humanité avec un plateau de jeu de société. Mais comme l’argent et les taux d’intérêt sont au centre de tout cela, il est certain que le plan de dépenses pour le réarmement de la zone Euro ou l’impact des politiques fiscales dans les échanges commerciaux ont un impact direct sur les bilans des grands groupes bancaires, qui engagent plus à la prudence qu’à l’audace.
Côté prix, et tandis que le neuf est au plus bas dans sa production depuis le milieu du 20ème siècle, la valeur de l’immobilier dans l’ancien subit la pression d’une demande ragaillardie par les baisses de taux et le retour du printemps. Déjà, les notaires constatent les hausses de prix dans plusieurs coins de France, et la saison ne fait que commencer.
Enfin, avril est le mois des décisions des départements pour le relèvement de leur part dans les DMTO (Droits de Mutation à Titre Onéreux). Les premières indications ne lissent que peu de place aux surprises, et avec le désengagement de l’Etat dans plusieurs secteurs, les collectivités n’ont pas d’autres choix que d’essayer d’équilibrer leurs budgets comme elles le peuvent. Par contre, pour les ménages (à l’exception des primo-accédants), c’est 10% de frais supplémentaires à auto-financer…
Plus que jamais, 2025 s’annonce comme une année de transition. Au moins, aurons-nous enrayé la baisse des ventes et retrouvé un peu d’envie, avant un grand plan pour le Logement, qui viendra (forcément)… un jour.